Catho Cyberwar

Connaissez-vous le Far West numérique? Une nouvelle terre pleine de promesses et de richesses, mais aussi un lieu où bisounours et croisés s’affrontent. Cette guéguerre aurait dû se passer dans le plus grand secret de la jungle numérique, mais voilà, elle se situe en réalité sur une place publique de plus de cinq-mille personnes. Vous cherchez un lieu où rejoindre la jeunesse, ne partez pas trop loin, l’aventure est au bout du clavier. Bonjour et bienvenue dans le côté obscur de Facebook.
Avant de vous emmener plus loin chers lecteurs, un petit mot aux membres et administrateurs du groupe qui nous liraient. Oui, ce coup de projecteur sur des discussions normalement secrètes est discutable, mais à certains moments, dévoiler les choses est source de vérité. Je vous invite donc à faire face à vos lanceurs d’alertes.
Pour les néophytes du web, sachez qu’il est possible de créer sur Facebook des groupes de discussions. Celui qui nous intéresse aujourd’hui est “fermé” au grand public, mais il ne compte pas moins de cinq-mille membres. Sous prétexte donc que cela se passe dans un contexte de liberté d’opinion et dans un cadre soi-disant catholique, certains se permettent de donner leur avis sans retenue ou pudeur. En marge des conversations de qualité, cela se matérialise souvent par un clivage “tradi vs chacha” et par un total manque d’humour. Quand quelqu’un a le malheur de dire qu’il va prier pour le match du soir, on lui répond qu’il ferait mieux de prier pour la faim dans le monde. Pourtant, après tout, qui sait si Dieu n’est pas supporteur des diables? Heureusement dans ce premier cas d’école quelques modérés arrivent encore à unifier le tout. Mais attendez de lire la suite!
Jusque là nous étions au stade de la conversation de cours de récréation. On se chamaille puis on s’embrasse et tout est terminé. Ce n’est pas grandissant, mais cela ne fait pas de mal non plus. Rapidement cependant les piques deviennent des croches-pieds et les croches-pieds des obus. Voyez-vous même.
Quand nous avons lu que la mort d’un païen ne pouvait que réjouir Dieu, au service pastorale des jeunes, nous nous sommes dit que nous avions mal compris. Alors nous avons lu les commentaires. Plus aucun doute n’est permis. Ceux qui ont eu l’idée de dire le contraire ont été tout simplement discrédités. Pourtant beaucoup ont essayé de bonne foi de raisonner les tenants de cette pensée, mais sans y parvenir.
Le mot de la fin est affligeant et les administrateurs devant ce débordement ont cru bon de supprimer le post, faisant taire la haine jusqu’à… la prochaine fois.
Ce qui se passe là est — à un niveau chrétien — au moins aussi inquiétant que l’état islamique. Comme chrétiens, nous ne pourrons pas être crédibles si nous laissons dire ce genre de discours. Il est même de notre devoir de citoyens d'attirer l’attention sur ces comportements qui incitent à la haine.
Voilà pourquoi, chers éducateurs, parents, aumôniers et pasteurs, nous devons aussi nous positionner dans ce monde numérique. À nous, dans cette colonisation frénétique, de proner plus de respect, d'écoute et de prière.
Olivier Caignet
Pour aller plus loin
Le terme 'discours de haine' doit être compris comme couvrant toutes formes d'expression qui propagent, incitent à, promeuvent ou justifient la haine raciale, la xénophobie, l'antisémitisme ou d'autres formes de haine fondées sur l'intolérance, y compris l'intolérance qui s'exprime sous forme de nationalisme agressif et d'ethnocentrisme, de discrimination et d'hostilité à l'encontre des minorités, des immigrés et des personnes issues de l'immigration.
Comité des Ministres du Conseil de l'EuropeL'incitation est punie quel que soit le nombre de témoins. Les propos peuvent avoir été prononcés dans la rue (propos publics) ou sur un réseau social restreint à quelques amis (propos non publics).
www.service-public.frEn principe, on peut tout dire ou écrire, pourvu que les propos n’incitent pas volontairement à la haine, la violence ou la discrimination. Le Centre n’est pas une police de la pensée et n’irait pas en justice contre de simples déclarations moqueuses à l’encontre de l’islam. Par contre, les propos qui se transforment en actes et qui appellent à la haine, la violence ou la discrimination, et avec lesquels l’auteur a l’intention d’aller plus loin que la « simple » insulte, sont non seulement inacceptables, mais également interdits par la loi, peu importe l’individu ou le groupe de population qui est visé par ceux-ci »
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> Le discours de haine sur internet | MRAX