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Pastorale des jeunes de Tournai
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Évangile : « Les cheveux de votre tête sont tous comptés » (Lc 12, 1-7)

Acclamation : (Ps 32, 22)

Alléluia. Alléluia.
Que ton amour, Seigneur, soit sur nous,
comme notre espoir est en toi !
Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
    comme la foule s’était rassemblée par milliers
au point qu’on s’écrasait,
Jésus, s’adressant d’abord à ses disciples, se mit à dire :
« Méfiez-vous du levain des pharisiens,
c’est-à-dire de leur hypocrisie.
    Tout ce qui est couvert d’un voile sera dévoilé,
tout ce qui est caché sera connu.
    Aussi tout ce que vous aurez dit dans les ténèbres
sera entendu en pleine lumière,
ce que vous aurez dit à l’oreille dans le fond de la maison
sera proclamé sur les toits.
    Je vous le dis, à vous mes amis :
Ne craignez pas ceux qui tuent le corps,
et après cela ne peuvent rien faire de plus.
    Je vais vous montrer qui vous devez craindre :
craignez celui qui, après avoir tué,
a le pouvoir d’envoyer dans la géhenne.
Oui, je vous le dis : c’est celui-là que vous devez craindre.
    Est-ce que l’on ne vend pas cinq moineaux pour deux sous.
Or pas un seul n’est oublié au regard de Dieu.
    À plus forte raison les cheveux de votre tête sont tous comptés.
Soyez sans crainte :
vous valez plus qu’une multitude de moineaux. »

            – Acclamons la Parole de Dieu.

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La vie éternelle, en coup de vent…

porte ouverte d’église vers dehors

Des événements récents m’ont conduit à me demander à nouveau : que deviennent les personnes à leur mort ? Cela peut nous paraître plaisant d’imaginer qu’elles poursuivent une autre vie, mais en même temps un doute monte en nous  : n’est-ce pas par confort que nous croyons cela ? Ne devrions-nous pas admettre courageusement qu’il n’y a rien après la mort ? C’est une question qui se pose depuis des siècles.

La foi chrétienne ne présente pas une vie qui continue sur le mode de cette vie que nous connaissons, mais une vie transformée. Ce n’est pas que nous sommes immortels, mais nous sommes appelés à la vie par le Dieu vivant, depuis que la résurrection du Christ a ouvert le chemin. C’est Dieu qui appelle à la vie, il y appelle tout homme parce qu’il lui propose une relation vivante avec lui.
Ainsi, croire à la vie éternelle, ce n’est pas peureusement espérer que tout continue plus ou moins comme avant, mais c’est accepter audacieusement que notre vie soit agrandie, amplifiée, dans un échange d’amour à l’échelle de Dieu.

C’est aussi accepter la purification qui va avec. Dieu nous appelle à une vie belle, immensément belle, et l’étroitesse de nos mesquineries doit craquer à la porte du paradis. Prions pour que nous l’acceptions volontiers, que nous ne cramponnions pas à un petit confort, ni à nos idées toutes faites, ni à nos autojustifications, afin de vivre la grande vie du ciel.

Nous sommes faits pour cette grande vie. Parfois je me demande  : la vie ne s’arrête-t-elle pas au dernier souffle ? N’est-ce pas là le signe que la vie s’éteint, et qu’il n’y en a pas d’autre ? Mais je me dis aussi  : notre vie est bien plus que notre souffle. Nous ne faisons pas que respirer, réaliser des projets, construire des choses, inventer des nouveautés. Nous sommes capables d’aimer, de faire des promesses et de les tenir, de vivre une relation par-delà les limites du temps et de l’espace. Ce sont des choses qui dépassent de loin la vie animale, la capacité de bouger et de faire. Il y a en nous une vie qui a commencé par tous ces actes d’amour quotidiens et qui ne se termine pas avec notre dernier souffle parce qu’elle est plus grande que cela.

avec un peu plus de détails

Cette vie jaillit de l’âme que Dieu nous a donnée dans notre ressemblance avec lui. Une âme pour aimer. Une âme qu’il ne faut pas regarder comme une sorte d’objet clos sur lui-même, avec des propriétés immortelles, mais qui est donnée dans une relation, qui est capacité de relation, qui est appelée à la vie par l’auteur de la vie qui l’a fait exister. Cet appel, devenu inaudible et incroyable par le péché, le Christ l’a lancé à nouveau lorsqu’il est parti nous préparer une place. Par la rédemption, l’appel de Dieu peut retentir efficacement dans le cœur de l’homme.

Cela dès avant la résurrection finale. Ce qui reste de nous à notre mort, ce n’est même plus notre corps. Notre corps, il est imprimé dans notre âme et il attend la résurrection finale. Mais ce qui reste de nous, notre dépouille, l’Église la tient en grande considération. Quel que soit ce qu’il deviendra, nous y voyons la semence de ce corps glorieux que nous recevrons à la résurrection de la chair et qui achèvera de rendre notre vie pleine. Que le Seigneur affermisse en nous cette espérance de ses grands projets.

Christophe C.

Cicalpa, Équateur, 2009

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