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Évangile : « Le semeur sortit pour semer » (Mt 13, 1-9)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

    Ce jour-là, Jésus était sorti de la maison,
et il était assis au bord de la mer.
    Auprès de lui se rassemblèrent des foules si grandes
qu’il monta dans une barque où il s’assit ;
toute la foule se tenait sur le rivage.
    Il leur dit beaucoup de choses en paraboles :
« Voici que le semeur sortit pour semer.
    Comme il semait,
des grains sont tombés au bord du chemin,
et les oiseaux sont venus tout manger.
    D’autres sont tombés sur le sol pierreux,
où ils n’avaient pas beaucoup de terre ;
ils ont levé aussitôt,
parce que la terre était peu profonde.
    Le soleil s’étant levé, ils ont brûlé
et, faute de racines, ils ont séché.
    D’autres sont tombés dans les ronces ;
les ronces ont poussé et les ont étouffés.
    D’autres sont tombés dans la bonne terre,
et ils ont donné du fruit
à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un.
    Celui qui a des oreilles,
qu’il entende ! »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

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La vie éternelle, en coup de vent…

porte ouverte d’église vers dehors

Des événements récents m’ont conduit à me demander à nouveau : que deviennent les personnes à leur mort ? Cela peut nous paraître plaisant d’imaginer qu’elles poursuivent une autre vie, mais en même temps un doute monte en nous  : n’est-ce pas par confort que nous croyons cela ? Ne devrions-nous pas admettre courageusement qu’il n’y a rien après la mort ? C’est une question qui se pose depuis des siècles.

La foi chrétienne ne présente pas une vie qui continue sur le mode de cette vie que nous connaissons, mais une vie transformée. Ce n’est pas que nous sommes immortels, mais nous sommes appelés à la vie par le Dieu vivant, depuis que la résurrection du Christ a ouvert le chemin. C’est Dieu qui appelle à la vie, il y appelle tout homme parce qu’il lui propose une relation vivante avec lui.
Ainsi, croire à la vie éternelle, ce n’est pas peureusement espérer que tout continue plus ou moins comme avant, mais c’est accepter audacieusement que notre vie soit agrandie, amplifiée, dans un échange d’amour à l’échelle de Dieu.

C’est aussi accepter la purification qui va avec. Dieu nous appelle à une vie belle, immensément belle, et l’étroitesse de nos mesquineries doit craquer à la porte du paradis. Prions pour que nous l’acceptions volontiers, que nous ne cramponnions pas à un petit confort, ni à nos idées toutes faites, ni à nos autojustifications, afin de vivre la grande vie du ciel.

Nous sommes faits pour cette grande vie. Parfois je me demande  : la vie ne s’arrête-t-elle pas au dernier souffle ? N’est-ce pas là le signe que la vie s’éteint, et qu’il n’y en a pas d’autre ? Mais je me dis aussi  : notre vie est bien plus que notre souffle. Nous ne faisons pas que respirer, réaliser des projets, construire des choses, inventer des nouveautés. Nous sommes capables d’aimer, de faire des promesses et de les tenir, de vivre une relation par-delà les limites du temps et de l’espace. Ce sont des choses qui dépassent de loin la vie animale, la capacité de bouger et de faire. Il y a en nous une vie qui a commencé par tous ces actes d’amour quotidiens et qui ne se termine pas avec notre dernier souffle parce qu’elle est plus grande que cela.

avec un peu plus de détails

Cette vie jaillit de l’âme que Dieu nous a donnée dans notre ressemblance avec lui. Une âme pour aimer. Une âme qu’il ne faut pas regarder comme une sorte d’objet clos sur lui-même, avec des propriétés immortelles, mais qui est donnée dans une relation, qui est capacité de relation, qui est appelée à la vie par l’auteur de la vie qui l’a fait exister. Cet appel, devenu inaudible et incroyable par le péché, le Christ l’a lancé à nouveau lorsqu’il est parti nous préparer une place. Par la rédemption, l’appel de Dieu peut retentir efficacement dans le cœur de l’homme.

Cela dès avant la résurrection finale. Ce qui reste de nous à notre mort, ce n’est même plus notre corps. Notre corps, il est imprimé dans notre âme et il attend la résurrection finale. Mais ce qui reste de nous, notre dépouille, l’Église la tient en grande considération. Quel que soit ce qu’il deviendra, nous y voyons la semence de ce corps glorieux que nous recevrons à la résurrection de la chair et qui achèvera de rendre notre vie pleine. Que le Seigneur affermisse en nous cette espérance de ses grands projets.

Christophe C.

Cicalpa, Équateur, 2009

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